GSAwardC’est avec plus de 250 productions, une centaine de mises en nomination et trente remises des prix Golden Sheaf Awards (Gerbe d’or) que le Yorkton Film Festival (YFF) a célébré ses 65 ans, fin mai 2012. Le plus vieux festival de films en Amérique du nord ne présente que des courts métrages et des documents vidéographiques de moins d’une heure.

International jusqu’en 1977, le YFF se limite maintenant aux productions canadiennes. Plusieurs ateliers pour les professionnels du cinéma ou de la vidéo ont lieu parallèlement à la projection des films pour le public.

De plus, six réalisateurs ont initié 75 étudiants de l’école secondaire locale aux techniques de production pendant une journée.

Les films

Les courts films du YFF sont de genres variés : fiction, documentaire, film d’horreur, animation, etc. Les producteurs sont autant des étudiants (films de la relève), des compagnies de production, des télés communautaires que Radio-Canada ou l’Office national du film. Les contenus aussi couvrent un large spectre : conte, documentaire sur les écoles résidentielles ou sur des boxeuses de Kaboul, l’état de la recherche sur la multi-sclérose, des biographies d’artistes ou de personnages historiques, etc.

Les prix

Le grand prix du Festival est allé à To make a farm (Orangeville Road Pictures, Sask.). Ce film raconte l’histoire des débuts de trois petites fermes par cinq jeunes inexpérimentés. Parmi les récipiendaires des Golden Sheaf Awards, on remarque quatre productions québécoises : la comédie Paparmane (Voyous films), Le temps d’une chanson (Vidéo-Femmes), Longuay (La table des matières), The Frog Princes (Eyesteel Film).

La ville

Comment une ville de seulement 17 000 personnes peut-elle maintenir un festival de films d’une telle ampleur pendant 65 ans ? « C’est grâce à la ténacité des responsables et à l’exceptionnelle implication des bénévoles » répond Kathy Morrell, l’historienne qui a retracé la vie du YFF depuis ses débuts. Des industries et des commerçants en passant par les intervenants culturels et les médias, toute la ville est impliquée dans le Festival. Toutefois, la population locale se fait discrète aux projections.

Les coupures

Le YFF 2012 se tenait au moment où le gouvernement provincial de Saskatchewan venait d’annoncer d’importantes coupures pour la culture, notamment la production de films. Lors du gala de la remise des Golden Sheaf Awards, les cinéastes de cette province ont reçu des sympathies et des appuis chaleureux par des récipiendaires du Québec et de l’Ontario, atterrés par ces coupures et qui craignent que le leadership saskatchewannais en cinéma ne se tarisse.

J’étais à Yorkton, fin mai, grâce à la générosité de mon neveu Réjean Houle, résidant de cette ville depuis environ trente ans. Je suis heureuse d’avoir goûté à une culture riche et fière de s’exprimer !

Lise Labarre, fsp